Focus italien : Peur de parler ? 7 conseils pour débloquer la parole
Apprendre une nouvelle langue, c’est une aventure incroyable. Mais soyons honnêtes : parler cette langue, c’est une autre paire de manches. Je me souviens parfaitement de la peur qui m’envahissait chaque fois que je devais dire quelque chose en italien ou en anglais. C’est comme si ma langue se paralysait, et mes pensées se transformaient en un grand vide. C’est normal, beaucoup d’apprenants vivent cette même expérience. Dans cet article, j’aimerais décomposer les raisons de cette peur, ses conséquences, et surtout, partager avec vous les remèdes et les techniques qui m’ont permis de débloquer ma parole.
Bonjour, je suis Nathalie 👩🏼, apprenante en italien et je viens vous rendre visite avec ma rubrique Focus italien 🚀 dont l’objectif est de partager mon expérience, mes anecdotes, mes réussites et mes échecs et de vous donner astuces et conseils pour rester motivé(e) et concentré(e) sur notre objectif commun : maîtriser et parler l’italien.
1. Pourquoi avons-nous peur de parler une langue étrangère ?
Des souvenirs bien ancrés
La peur de parler une langue étrangère est très commune, et cela trouve souvent ses racines dès les années collège. Devoir parler à l’oral à un âge où on a juste envie de passer inaperçu, relevait du défi. A cela s’ajoutait le stress de se tromper et celui des moqueries éventuelles. Ces peurs ont tendance à rester ancrées dans nos esprits.
Et pourtant, les gens ne se moquent pas de quelqu’un qui essaie de parler une nouvelle langue. Posez-vous cette question : vous moquez-vous de quelqu’un qui fait des erreurs en français ? Non ! Alors pourquoi devriez-vous être différent des autres ? Réfléchissez à ça. Au contraire, les gens sont bienveillants, prêts à écouter, et souvent à aider. La peur de faire des erreurs est toujours présente, car nous avons cette idée que nous devons être parfaits avant d’oser nous exprimer, mais il est important de se rappeler que le contexte a changé. En tant qu’adultes, l’entourage est bien plus favorable et encourageant.
La pression de notre propre jugement
Une autre raison est la pression que l’on se met soi-même. Souvent, nous sommes notre propre pire ennemi. Nous voulons prouver que nos heures d’étude n’ont pas été vaines, et chaque erreur devient alors une source de frustration. Nous nous jugeons plus sévèrement que n’importe qui d’autre. Ajoutez à cela le fait que parler une langue étrangère sollicite de nombreuses compétences simultanément : réfléchir à la grammaire, chercher le bon mot, garder un rythme naturel… cela peut vite sembler écrasant. Mais souvenez-vous, cette pression est auto-imposée. La plupart des gens ne jugent pas nos erreurs aussi durement que nous le faisons. En réalité, ils apprécient notre effort et veulent nous voir réussir. Le véritable défi est donc de lâcher prise sur ces attentes irréalistes que l’on a envers soi-même.
2. Quelles sont les conséquences de cette peur ?
Un blocage
La conséquence la plus évidente est le blocage. On se retrouve à éviter de parler, même quand on en a l’occasion. Cette peur peut se manifester de manière particulièrement frustrante lors de voyages. Par exemple, on hésite à demander son chemin, même si on est perdu. On préfère errer pendant des heures plutôt que de risquer une interaction en langue étrangère. Ou encore, dans un restaurant, par exemple, on se limite à pointer du doigt le menu plutôt que de prononcer le nom du plat. On choisit des options « sûres » plutôt que d’explorer la gastronomie locale. Cette peur devient un cercle vicieux : moins on parle, moins on progresse, et plus on se sent incapable.
L’autocensure
Ce sentiment d’incapacité peut rapidement se transformer en une perception négative de soi-même. On se dit qu’on est « nul » en langues, qu’on n’y arrivera jamais. On compare ses maigres tentatives aux conversations fluides des autres voyageurs, oubliant que chacun a son propre parcours d’apprentissage. Cette autocritique excessive peut même aller jusqu’à la perte de motivation pour apprendre la langue en général.
3. Les remèdes : comment j’ai débloqué mon italien
➜ En changeant mon mindset !
Ce qui m’a aidée en premier lieu, c’est un changement de pensée. J’ai réalisé que faire des erreurs fait partie du processus d’apprentissage. En fait, c’est un signe que l’on essaie, que l’on sort de sa zone de confort. J’ai appris à voir mes erreurs comme des opportunités d’apprendre, plutôt que des échecs à éviter. Nous ne sommes plus à l’école. Si vous faites une erreur, aucun 0/20 géant ne vas tomber du ciel pour vous assommer !
➜ En parlant toute seule
Une technique qui m’a également énormément aidée au début et que je continue d’appliquer est de parler toute seule à voix haute. Je vous en avait parlé dans l’article sur l’immersion. Cela peut sembler un peu fou, mais se parler à soi-même permet de pratiquer sans stress. Vous pouvez décrire ce que vous faites, répéter des phrases que vous avez apprises, ou même inventer des dialogues. Le but est de se familiariser avec le son de sa propre voix en italien.
Une autre astuce qui a participé à débloquer ma peur de parler est de chanter en italien. Chanter des chansons est non seulement amusant, mais cela aide à améliorer la prononciation, le rythme, et à mémoriser des mots et des expressions de façon naturelle. En chantant, on se libère du stress de parler correctement et on se concentre sur le plaisir, ce qui est un excellent moyen de débloquer la parole.
➜ En trouvant un binôme
J’ai également trouvé beaucoup de soutien dans les tandems linguistiques. Prendre part à des échanges avec des natifs, qui eux aussi veulent apprendre ma langue, a changé ma perspective.
Retour là encore dans les années collèges. Beaucoup d’entre nous ont eu un correspondant linguistique. Le mien s’appelait Selig, était Sud Africain et nous échangions des lettres en « franglais ». On s’envoyait des K7 audio enregistrées artisanalement avec les tubes du moment, des K7 vidéos d’émissions de télévision pour partager un peu de notre langue et de notre culture ! Le colis mettait 3 semaines à arriver s’il arrivait ! A l’époque les moyens étaient limités.
Aujourd’hui il nous suffit d’ouvrir l’ordinateur ou une application sur le téléphone pour entrer en contact ! Dans ces échanges il n’y a plus cette dynamique prof-élève, mais plutôt un échange mutuel et bienveillant. Savoir que l’autre aussi fait des erreurs permet de se détendre.
➜ La visualisation positive
Enfin, je me suis fixée des objectifs à chaque voyage en Italie en me visualisant dans le contexte. La visualisation est en effet un outil extrêmement puissant : avant de me rendre dans une situation précise, je m’imaginais en train de réussir, de prononcer les mots correctement et de voir les réactions positives des personnes en face de moi. Cela m’a permis de me conditionner mentalement et de réduire le stress.
Par exemple, au début, je me contentais de dire bonjour, au revoir, de demander mon café en italien, ou d’initier une conversation simple. Se visualiser dans ces petits gestes, m’a aidée à les accomplir avec plus de confiance. Ces petites victoires m’ont donné confiance, jusqu’à ce que je sois capable de tenir une conversation plus longue sans une boule au ventre. En vous visualisant de manière positive, vous pouvez entraîner votre cerveau à voir ces moments non pas comme des obstacles, mais comme des opportunités d’apprendre et de progresser.
➜ L’apprentissage doit être un plaisir
Chaque fois que j’allais en Italie, je ramenais des magazines légers remplis de jeux, de petits articles plaisirs, et même l’horoscope. Ces éléments me permettaient de m’exposer à la langue de manière détendue, tout en apprenant de nouvelles expressions dans un contexte authentique. C’était une façon amusante et sans pression d’améliorer mon vocabulaire qui me permettait de progresser sans même m’en rendre compte, car je m’amusais tout en apprenant.
Cette expérience m’a inspirée Un giro in Italia, pour que d’autres puissent vivre ce même plaisir de l’apprentissage ludique, en associant découverte culturelle et amusement. C’est en rendant l’apprentissage vivant et interactif que l’on arrive à surmonter ses peurs et à s’épanouir dans une nouvelle langue.
4. Les 7 conseils pour débloquer la parole
- Acceptez l’imperfection : Personne ne parle parfaitement dès le début, pas même les natifs. L’important est de se lancer, les erreurs font partie de l’aventure.
- Pratiquez sans pression : Parlez seul, à votre chat, ou même en chantant. L’essentiel est de se détendre avec la langue.
- Trouvez des interlocuteurs bienveillants : Que ce soit via des applications d’échange linguistique ou des groupes de discussion, trouvez des personnes avec qui vous vous sentez à l’aise.
- Focalisez-vous sur le message, pas sur la perfection : Ce qui compte, c’est de se faire comprendre. Même si votre grammaire n’est pas parfaite, la plupart des gens seront ravis de vous aider et de comprendre ce que vous voulez dire.
- Mettez du jeu dans l’apprentissage : Amusez-vous avec la langue ! Utilisez des jeux de mots, des quiz, ou même des jeux de société dans la langue que vous apprenez. Cela permet de détendre l’atmosphère et de pratiquer sans pression.
- Utilisez la visualisation positive : Imaginez-vous en train de réussir, de parler avec confiance et de voir des réactions positives autour de vous. Visualisez ces moments avant qu’ils ne se produisent. Cela aide à réduire l’anxiété et à se sentir mieux préparé.
- Adoptez un mantra : Rappelez-vous chaque jour : « Faire des erreurs, c’est avancer ». Ce mantra vous aidera à relativiser chaque moment de doute et à transformer vos hésitations en carburant pour votre apprentissage.
A vous la parole !
Parler une langue, c’est d’abord oser, puis c’est persister. Et croyez-moi, une fois cette peur surmontée, c’est une libération immense. J’espère que ces conseils vous aideront autant qu’ils m’ont aidée. Parler italien, c’est aussi partager, rire, et échanger. Alors, n’ayez pas peur de faire entendre votre voix !
Quelles sont vos expériences face à la peur de parler une nouvelle langue ? Partagez-les en commentaire, cela pourrait inspirer d’autres apprenants !
Ciao a tutti!
Je suis Nathalie, apprenante en italien. Je partage avec vous dans la rubrique Focus italien 🚀 mon expérience, mes anecdotes, mes réussites et mes échecs et vous donne des astuces et conseils pour rester motivé(e) et concentré(e) sur notre objectif commun : maîtriser et parler l’italien.
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C’est tellement vrai et applicable à d’autres apprentissages que les langues. La pratique d’un instrument par exemple…
Merci Nathalie !
Myriam
C’est tout à fait vrai le simple fait d’essayer de lire un document à voix haute nous familiarise avec cette belle langue en rendant la parole plus fluide
Bravo Nathalie
Buon giorno Nathalie,
Io ringrazio per le vostre consulenze e l’articolo.
Mi piace parlare solo per imparare l’italiano a casa.
Io ho la determinazione, la motivazione, il mindset, la curiosità e l’amore per la lingua italiana.
Apprendono l’italiano con Duolingo, Gymglish, MosaLingua (libri) e Parliamo Italiano e la musica (spotify)…
Cantare in italiano è una buona idea. Io proverò domani.
E POSSIBILE SCRIVERE OGNI ARTICOLO IN ITALIANO (50%) E FRANCESE (50%), PER FAVORE?
Amero partecipare a discussione con voi a « Parliamo Italiano » a Parigi (Francia).
Grazie mille ancora e buona giornata.
Convivialmente.
Nicole
Grazie, Nicole, per il tuo messaggio. Sei già molto brava nella lingua italiana! Anch’io ho cominciato a imparare l’italiano da sola, soprattutto con Babbel. Poi ho scoperto la scuola di Riccardo a Rouen (non a Parigi) e ho iniziato a parlare con lui e con le persone del corso. Adesso non ho più tempo, ma continuo a imparare con Parlons italien e con la mia famiglia in Italia. Canto molto in italiano (anche se la mia voce non è intonata!), ascolto la radio italiana e guardo la TV italiana (Rai). Il mio italiano non è perfetto, ma più parlo, più scrivo, più ascolto e più mi sento sicura! Anche tu devi mantenere la tua fiducia! Faremo del nostro meglio per scrivere gli articoli sia in italiano che in francese. A presto Nicole!
Nathalie