Dans les années 1980, deux juges siciliens – Giovanni Falcone et Paolo Borsellino – vont bouleverser la lutte contre la mafia. Avec le “pool antimafia” de Palerme, ils inventent une nouvelle méthode : enquêtes collectives, analyses minutieuses des flux financiers, et une stratégie pensée comme un puzzle pour comprendre l’ensemble du système mafieux.
Leur travail culmine avec le maxi-procès de Palerme (1986-1992), où des centaines de mafieux sont jugés. C’est une révolution judiciaire. Pour la première fois, l’État italien frappe au cœur de Cosa Nostra.
Un tournant décisif est l’apparition des repentis, comme Tommaso Buscetta, qui acceptent de collaborer avec la justice. Leurs témoignages brisent l’omertà et dévoilent les règles internes, la hiérarchie et les mécanismes de la mafia.
Mais ce combat leur coûte la vie. En effet, en 1992, Falcone et Borsellino sont assassinés à quelques semaines d’intervalle, dans deux attentats spectaculaires. L’Italie vit alors un choc national, symbole de la guerre ouverte entre l’État et la mafia.
Leur héritage reste immense : coopération internationale, traçabilité financière, confiscation des biens mafieux… Ce sont aujourd’hui encore les piliers de la lutte antimafia. Leur approche, basée sur la méthode et la stratégie, a définitivement remplacé l’idée d’un affrontement frontal perdu d’avance.